La grippe A en Amazonie

La grippe A en plein Considérant le fait que les Indiens Yanomamis vivent dans un territoire isolé et difficile d'accès au coeur de l'Amazonie, tout laissait croire que le virus de la grippe A (H1N1) n'avait que peu de chance de les atteindre. Pourtant, plutôt que de les protéger, leur isolement a plutôt donné du fil à retordre aux équipes médicales qui ont tenté d'apporter des soins aux quelques 1000 indigènes ayant déjà contracté le virus. La grippe A en plein coeur de l'Amazonie Selon l'organisation internationale de défense des droits des peuples indigènes, Survival, "les Yanomamis représentent le plus grand peuple d'Amazonie vivant dans un isolement relatif". Les hommes de la tribu pratiquent encore la chasse comme moyen de subsistance et les femmes s'affairent aux récoltes. Tous vivent dans des huttes bâties dans un espace communautaire. Le peu de contact qu'entretien cette population avec le monde extérieur rend donc les Indiens particulièrement vulnérables à une pandémie de grippe A. " Ces peuples n'ont aucune immunité contre les maladies allogènes : une simple grippe peut se révéler fatale pour des groupes qui n'ont jamais été exposés au virus auparavant", explique Survival dans son rapport "Grippe A et peuples indigènes". Parmi environ 30 000 Yanomamis vivant entre la frontière de Venezuela et du Brésil, 7 indigènes sont déjà morts du virus et 1000 autres en ont été contaminés, dans trois villages différents. Des équipes médicales ont été envoyées afin d'assister les Yanomamis, mais la difficultés d'accès à leur territoire montagneux et boisé limite le soutien apporté. Malgré ces conditions, des médecins ont pu administrer le Tamiflu à plus de 2000 villageois accessibles uniquement par voies marine ou aérienne. Certains diront que leur isolement aurait dû protéger les Indiens de la pandémie. Or, le virus s'est invité chez eux à la suite d'une réunion gouvernementale pour célébrer l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique, à la mi-octobre. UNe situation semblable s'était d'ailleurs déjà produite dans les années 1980, lorsque des mineurs illégaux s'étaient emparés de leur territoire entraînant avec eux des maladies inconnues de la tribu; La malaria, le paludisme et la grippe, entre autres, avaient alors tué 2% de la population. Aujourd'hui, on craint que l'épidémie de grippe A ne se propage sur tout leur territoire et ne fasse davantage de ravage dans la tribu. Sur leur site Internet , Stephen Coory, le directeur de l'organisation Survival International, affirme que "la situation est grave". "Les gouvernements (de Venezuela et du Brésil) doivent agir de concert, et de toute urgence, pour empêcher la propagation de l'épidémie et pour améliorer radicalement les soins accordés aux Yanomamis", poursuit-il. Le directeur craint par le fait même que l'inaction des gouvernements pourrait mener"à la disparition de certaines de Yanomamis atteints par des maladies pouvant pourtant être traitées efficacement". Ce serait un désastre pour ce peuple isolé qui se remets à peine des épidémies qui l'ont décimé il y a 20 ans" conclut-il. Ecrit par Sarah-Catherine Lessard "Impact Campus"

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