Les indiens aujourd'hui

L’indien Aujourd’hui

L’Indien et l’état civil

Qui est légalement considéré comme aujourd’hui ? Existe-t-il à cet égard une définition officielle ?
La réponse la plus rapide et la plus simple serait la suivante : " Le congrès des Etats-Unis n’a pas donné de définition générale par aucun texte de loi pas plus que les Cours de justice n’en donnèrent par interprétation. " En réalité, dans les faits, la définition manquante est déterminée par la généalogie. Celle-ci doit rattacher l’Indien aux aborigènes, mais la proportion de sang d’indien justifiant ce rapport varie d’un cas à l’autre.
Or cette proportion doit être prise en considération pour un individu puisse prétendre au bénéfice des fonds accordés aux Indiens soit personnellement, soit, en règle générale, à la tribu, à un groupe ou à une bande.
Voici quelques années, la question fut posée de savoir si les Indiens de pure race (full-bloods Indians ou Indiens 100 %) étaient en voie de disparition. La réponse fut : " Non le nombre des personnes dont l’héritage contient peu ou pas de sang blanc est en augmentation.
De récentes études révèlent que celles qui ne sont qu’à demi-indiennes par le sang tendent à se marier avec des personnes possédant un degré plus élevé de sang indien. Les métis qui ont moins de 50¨% de sang indien, ont tendance à épouser des non indiens. "

Est –il citoyen Américain ?
Oui, depuis la loi de Citoyenneté américaine votée par le Congrès de Washington en date de 2 juin 1924
. Cette loi stipule que tout indien né dans les limites territoriales des Etats-Unis était citoyen de ce pays. Auparavant cette qualité lui était conférée à titre individuel, en de nombreuses tribus, par des décisions du Congrès.

Quels sont ses droits et devoirs ?

L’Indien peut voter, en vertu du droit qui lui accorda l’Etat dans lequel s’étendait sa réserve. Ainsi, jusqu’en 1948, les Etats du Nouveau-Mexique et d’Arizona refusèrent à l' Indien le droit de vote, en raison d’une disposition expresse de leur propre constitution. Un décret judiciaire déclara anticonstitutionnellement cette mesure et l' Indien put, dès lors, voter comme tout autre citoyen de ces Etats.
L’Indien peut ouvrir un office public, agir en justice, passer des contrats, se marier ou divorcer, circuler librement hors de la réserve, chasser et pêcher sur celle-ci en dehors des lois de l’Etats (dans certains cas, il bénéficie même de droits spéciaux, hors des limites de la réserve).

 L’Indien peut être propriétaire d’une terre qui lui vient soit de famille soit d’une attribution ; dans ce dernier cas, il reçoit une superficie de 64 hectares à titre individuel, s’il a fait preuve de sa capacité à l’exploiter au terme de cinq ans.
Juridiquement, la question des terres indiennes peut se résumer ainsi :
La quasi-totalité des terres indiennes est placée sous la responsabilité du gouvernement des Etats-Unis qui en confie le bénéfice aux tribus. Aucune d’entre elles n’en a la libre disposition ni pour vendre, louer, ou hypothéquer tout ou partie de ses terres. Ces opérations ne peuvent s’effectuer qu’avec l’assentiment du Secrétaire d’Etats à l’intérieur.
Dans la pratique, ce pour but de conserver le patrimoine foncier des tribus En effet, nombre de celles-ci, entre 1886 et 1934, vendirent de larges parts de leurs biens à des blancs (360 000 km2) ;n’ayant plus de revenus suffisants, elles durent avoir recours à l’aide du gouvernement. En conséquence, cette restriction sert, comme une mesure de sauvegarde de son bien ou de celui de la collectivité.
Précision importante qui découle des précédentes dispositions juridiques : L’Indien est exemple d’impôt sur la terre soit tribale soit personnelle dans les limites de la réserve. Par contre, s’il acquiert un lot hors de celle-ci, il est astreint aux impôts fonciers comme tout citoyen.
Ils se sont prêtés au jeu, ces gens que l'on disait sauvages ! Ils acceptaient de bonne grâce de se faire croquer en train de fabriquer un canot, un tipi ou une cabane ronde. Ces gestes immémoriaux, ils les répétaient pour le photographe dans des habits de Blancs. On est touché à la vue de ces jeunes filles cries du lac Waswanipi, toutes souriantes dans leurs robes blanches à fleurs, gracieuseté de la Compagnie de la Baie d'Hudson. On reste pensif devant ces jeunes Micmacs de Listuguj, qui prennent la pose, mains jointes sur leurs surplis d'enfants de chœur. Que se passe-t-il derrière ces yeux interrogateurs ?

Gracieusement, les Amérindiens ont accepté de faire partie de nos processions religieuses, comme ces Attikameks de Manawan. Ils ont partagé nos jeux, comme le rappelle cette photo de 1907, où l'on voit une équipe de crosse de Kahnawake. Plusieurs membres de ce groupe ont péri dans l'effondrement du pont de Québec, cette année-là. Plus de 50 Mohawks, habitués de défier les lois de la gravité, travaillaient sur ce chantier et une trentaine ont perdu la vie dans la catastrophe...

Sur les traces des Amérindiens éclaire notre lanterne, et pas uniquement avec des photographies. Un texte d'introduction de Jeannine Laurent et de Jacques Saint-Pierre nous apprend que les quelque 72 000 Amérindiens sur notre territoire représentent moins de 1 % de la population québécoise. S'ils forment 10 nations, ils ne se rattachent qu'à deux groupes linguistiques. Les plus importants sont les descendants des Iroquois, avec 16 000 Mohawks et 3000 Hurons-Wendats. L'autre groupe linguistique, les Algonquins, est disséminé en huit nations à la grandeur du Québec : Abénakis du Centre-Sud, Algonquins de l'Outaouais, Attikameks de la Haute-Mauricie, Cris de la Baie d'Hudson, Innus de la Côte-Nord et du Lac-Saint-Jean, Malécites du Bas-Saint-Laurent, Micmacs de Gaspésie et Naskapis du Labrador.

Les communautés établies à proximité des grands centres, soit les Mohawks près de Montréal et les Hurons-Wendats en banlieue de Québec, sont moins présentes dans cet album : plus assimilés que les autres groupes, ils représentaient moins d'intérêt pour les chasseurs d'images !

On remarque tout de même plusieurs clichés remarquables pris à Wendake, dont celle de Ludger Bastien arborant fièrement la coiffe traditionnelle : un beau souvenir de cet homme qui eut autant de succès en affaires qu'en politique, lui qui représenta le comté de Québec au Parlement provincial, dans les années 20.

Et que dire de cette jolie photo prise en 1953, où l'on peut admirer le tout jeune et svelte Max Gros-Louis, montrant une truite d'un kilo pêchée dans la rivière des Hurons au nord de Wendake !

Jeannine Laurent et Jacques Saint-Pierre, Sur les traces des Amérindiens. 1863-1960, Collection Aux limites de la mémoire, Publications du Québec, 2005.

Ce texte a été écrit par Régis Tremblay©

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